Des semis contre le CRA ! Manifestation contre le chantier de CRA à Nantes et contre l’utilisation de terres de la zad pour « compenser » sa construction

L'OEE est signataire du communiqué du collectif COLERE, qui appelle à manifester le 10 octobre prochain contre le chantier de Centre de rétention administrative à Nantes.

Nous avons découvert avec colère qu’un ensemble de parcelles préservées de la construction du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont aujourd’hui ciblées par l’État pour servir de terres de compensation écologique en vue de la construction d’un Centre de Rétention Administrative (CRA) en Loire-Atlantique. Il s’agit d’un côté de parcelles remblayées sur lesquelles étaient bâties des fermes expulsées et rasées par l’État, de l’autre de parcelles à usage agricole ainsi que de certaines parcelles boisées. Pour se conformer aux exigences liées à la loi sur l’eau et « compenser » les destructions de zone humide et site naturel au Bois Dormant causées par la construction du CRA à Nantes, l’État souhaite aujourd’hui restreindre l’usage agricole et d’ores et déjà protecteur de ces parcelles sur les communes de Vigneux de Bretagne et Notre-Dame-des-landes ou y empêcher la reconstructions de bâtis historiques. 

Habitant·es et paysan·nes des terres anciennement visées par l’aéroport et des environs, organisations paysannes, collectifs et syndicats opposés au CRA nous souhaitons aujourd’hui tout mettre en œuvre pour empêcher que ces parcelles soient utilisées pour cette forme de « compensation écologique » abjecte. Nous appelons en ce sens à une mobilisation publique, paysanne et à des semis d’automne sur ces parcelles le samedi 10 octobre dont nous assurerons dès lors qu’elles resteront en culture. Nous voulons participer ainsi, et entre autres indispensables manifestations d’oppositions, à mettre des bâtons dans les roues de ce projet de CRA. 

 

Il est urgent d’agir de diverses manières car malgré le refus des riverain·es, d’un ensemble de syndicats et collectifs, les 90% d’avis défavorables dans l’enquête publique, les avis négatifs de la ville de Nantes, du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel et de la commission locale de l’eau, la préfecture passe en force. Elle a imposé l’ « autorisation environnementale » et démarré lundi 7 septembre la coupe des arbres et la destruction du Bois Dormant, et ce sans pouvoir assurer de mettre en œuvre ces mesures pourtant obligatoires de « compensations écologiques ». Leur faire obstruction à ce niveau là ne suffira visiblement pas, mais c’est un des multiples leviers à partir duquel continuer à résister au CRA, aux divers acteurs de sa construction et à ce type de logiques.


Au vu du lancement des travaux du CRA à Nantes, nous appelons désormais à commencer la journée par une grande mobilisation à proximité du chantier puis à un convoi à vélo et tracteur pour rejoindre le semis et affirmer les liens antifascistes de la métropole aux campagnes de Loire-Atlantique.

 

Le samedi 10 octobre 2026, nous affirmerons ensemble: 

  • en premier lieu, notre opposition à la construction de CRA à Nantes ou ailleurs et un soutien aux diverses initiatives qui permettront de s’y opposer. Parce que les CRA sont un des rouages majeur des politiques racistes d’incarcération et d’expulsion des exilé·es. Parce que les CRA répriment celles et ceux qui cherchent à se protéger en quittant leurs pays au péril de leur vie des conséquences des guerres, des désastres environnementaux, de pouvoirs dictatoriaux et des politiques néocoloniales occidentales. Parce que ces personnes doivent au contraire trouver ici des terres d’accueil et notre solidarité. 
  • notre appui à celles et ceux qui s’organisent contre le CRA ici et ailleurs, entre autre la large coalition d’organisations syndicales, associatives et politiques opposées à la construction du CRA et regroupées dans COLERE Nantes
  • notre refus que des terres, en l’occurrence déjà préservées par la lutte contre l’aéroport, puissent servir, renaturation ou pas, à justifier d’autres destructions de zone humides et encore moins la construction d’un CRA. Ces terres agricoles, déjà protégées aujourd’hui par une agriculture soigneuse du bocage, doivent garder leur vocation agricole.

Nous dénoncerons ce faisant le greenwashing et l’arithmétique absurde de la compensation (« des politiques de compensation de la loi ZAN » – histoire de quand même citer d’où ça vient) qui transforme la singularité des attachements, des êtres et des milieux en colonne de chiffres soit-disant interchangeables dans des dossiers bureaucratiques. 

Nous appuyons en ce sens les structures naturalistes qui refuseraient de collaborer à ce processus.

Nous appuyons l’ensemble des recours juridiques engagés contre le CRA dont ceux visant spécifiquement à montrer l’inadéquation des compensations naturalistes.

Cette journée de mobilisation sera aussi un moment pour densifier les solidarités antiracistes et antifascistes entre zones rurales et urbaines. Elle sera un moment de rencontre pour donner la parole à des camarades exilé⋅es, et penser la suite des résistances aux CRA et plus généralement aux dispositifs de discrimination, d’enfermement et d’expulsion.

 

Manifestation contre le chantier de CRA à Nantes et contre l’utilisation de terres de la zad pour « compenser » la construction d’un Centre de Rétention Administrative                               

Ni ici ni ailleurs ! 

10h30 Mobilisation champ de Manoeuvre, Nantes
(avec la Coalition Colère 44, les soulèvements de la terre, NDDL Poursuivre Ensemble, des habitant.es et paysan.nes de la zad…)

Puis Convoi Tracteurs/Vélos 

14h La Paquelais (Vigneux de Bretagne)
manif en direction de la zad et semis anti-CRA 
(avec  le GAB 44, la Confédération Paysanne 44…)

Suivie de rencontres sur les solidarités et les luttes depuis les situations d’exil, ainsi que les résistances aux CRA et aux dispositifs de discrimination, d’enfermement et d’expulsion.

Soirée – Apéro-festif en soutien à la lutte contre le CRA

En savoir plus sur le site zadforever

Podcast « Sans retenue » - Épisode 10 OQTF : déconstruire les idées reçues

 

 

 
Photos CRA Rennes, ©Angeline Desdevises
 

Épisode 10 - OQTF : déconstruire les idées reçues
 
Les lois immigration qui se sont succédé depuis 2011 ont donné de plus en plus de latitude à l'administration pour délivrer des mesures d'éloignement à l'encontre des personnes étrangères, plus connues sous le nom d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). À tel point que la France est depuis plusieurs années en tête du classement des États européens qui édictent des OQTF - sans pour autant que ces mesures soient exécutées. 
Si cela a été rendu possible, c'est parce que l'idée fausse "d'invasion migratoire" a été propulsée au cœur des débats, et que l'OQTF a été présentée comme "la" solution pour régler cette question. Plusieurs médias peu scrupuleux amplifient ce phénomène en créant le profil "OQTF", catégorie de personne à part entière dont il faudrait se protéger... 
Mais qu'est-ce qu'une OQTF, et dans quels cas est-elle délivrée ? Pourquoi y en-a-t-il autant ? Sont-elles véritablement "efficaces" ?

Autant de questions sur lesquelles Mélanie de La Cimade et Vanina du Gisti reviennent dans cet épisode. Elles déconstruisent les principales idées reçues et la manière dont cette mesure administrative a été instrumentalisée pour engendrer un affaiblissement progressif des droits et garanties aux personnes concernées. Orchestrant ainsi la mise à l'écart des personnes étrangères via un enfermement généralisé, et engendrant un risque de dérives susceptibles de concerner la société dans son ensemble...
 
Le podcast « Sans retenue » donne la parole à celles et ceux qui militent contre l’enfermement des personnes étrangères. Ces personnes retenues pour raison administrative n'ont commis aucun délit : simplement, elles ne possèdent pas les bons papiers.

Ce podcast s’inscrit dans le cadre d’action de sensibilisation de la société civile pour témoigner de la réalité de l’enfermement des personnes étrangères. Zones d’attente, locaux et centres de rétention administrative, prisons… ce podcast a pour objectif de donner à voir les conséquences concrètes de l’enfermement sur les premier⋅es concerné⋅es, de rendre visible leurs témoignages et luttes pour y mettre fin.

Décliné en série, ce podcast aborde tous les aspects de l’enfermement : la vie dans ces lieux, les audiences judiciaires, le rôle des associations, les luttes à l’intérieur et aux abords… Cette série a également une vocation pédagogique lorsque sont abordés des thèmes méconnus et plus complexes.

Ce podcast est enregistré au Studio Son de La Parole Errante

Podcast « Sans retenue » - Épisode 9 Zones d’attente : accompagner les personnes enfermées

 

 
Photos CRA Rennes, ©Angeline Desdevises
 

Épisode 9 - Zones d’attente : accompagner les personnes enfermées
 
Qu’elles viennent pour demander l’asile, rendre visite à de la famille ou encore faire du tourisme, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants ; de très nombreuses personnes se voient chaque année refuser l’entrée sur le territoire français et européen. Elles sont alors enfermées en zone d’attente, souvent dans des conditions indignes, le temps pour l’administration d’organiser leur renvoi. Hélène et Mathieu, intervenant·es à l’Anafé, témoignent de comment ils et elles soutiennent les personnes qui sont enfermées aux frontières de la France. 
 
Le podcast « Sans retenue » donne la parole à celles et ceux qui militent contre l’enfermement des personnes étrangères. Ces personnes retenues pour raison administrative n'ont commis aucun délit : simplement, elles ne possèdent pas les bons papiers.

Ce podcast s’inscrit dans le cadre d’action de sensibilisation de la société civile pour témoigner de la réalité de l’enfermement des personnes étrangères. Zones d’attente, locaux et centres de rétention administrative, prisons… ce podcast a pour objectif de donner à voir les conséquences concrètes de l’enfermement sur les premier⋅es concerné⋅es, de rendre visible leurs témoignages et luttes pour y mettre fin.

Décliné en série, ce podcast aborde tous les aspects de l’enfermement : la vie dans ces lieux, les audiences judiciaires, le rôle des associations, les luttes à l’intérieur et aux abords… Cette série a également une vocation pédagogique lorsque sont abordés des thèmes méconnus et plus complexes.

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Podcast « Sans retenue » - Épisode 8 Zones d’attente : rendre compte de la réalité de l’enfermement aux frontières

 
Photos CRA Rennes, ©Angeline Desdevises
 

Épisode 8 - Zones d’attente : rendre compte de la réalité de l’enfermement aux frontières
 
Charlène et Cyrille, militant·es à l’Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les personnes étrangères), visitent les zones d’attente, ces lieux prévus pour enfermer les personnes qui ne sont pas autorisées à entrer sur le territoire et qui se retrouvent alors bloquées à la frontière. 

Après avoir expliqué ce qu’est une zone d’attente et avoir décrit les conditions d’enfermement, souvent dégradantes, de certaines d’entre elles, Charlène et Cyrille reviennent sur les dysfonctionnements et les conditions d’exercice des droits aléatoires dans ces lieux. En particulier en matière d’accès aux soins et d’enfermement des enfants. Mais la situation en zone d’attente n’est pas le fruit du hasard, elle est une des conséquences de la politique de maîtrise des flux migratoires pratiquée par la France comme par ses partenaires de l’Union européenne.

Pour terminer, iels reviennent sur les techniques mises en œuvre par l’administration pour les dissuader ou les empêcher d’exercer leur droit de regard au sein des zones d’attente. 
 
Le podcast « Sans retenue » donne la parole à celles et ceux qui militent contre l’enfermement des personnes étrangères. Ces personnes retenues pour raison administrative n'ont commis aucun délit : simplement, elles ne possèdent pas les bons papiers.

Ce podcast s’inscrit dans le cadre d’action de sensibilisation de la société civile pour témoigner de la réalité de l’enfermement des personnes étrangères. Zones d’attente, locaux et centres de rétention administrative, prisons… ce podcast a pour objectif de donner à voir les conséquences concrètes de l’enfermement sur les premier⋅es concerné⋅es, de rendre visible leurs témoignages et luttes pour y mettre fin.

Décliné en série, ce podcast aborde tous les aspects de l’enfermement : la vie dans ces lieux, les audiences judiciaires, le rôle des associations, les luttes à l’intérieur et aux abords… Cette série a également une vocation pédagogique lorsque sont abordés des thèmes méconnus et plus complexes.

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Vidéos de la réunion publique du 9 février 2026

Pacte européen sur la migration et l’asile :  Enfermement partout, droits nulle part 

Le Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté au printemps 2024, se compose de dix textes législatifs (règlements et directive) concourant tous à un même objectif : réduire drastiquement l’accès à l’asile et expulser sans délai les personnes auxquelles il aura été refusé.

Le 9 février 2026, l'OEE a organisé une réunion publique afin de partager et d’alerter sur les mesures que le Pacte contient, et de ses effets possibles sur les personnes étrangères. Il s'agissait en particulier de donner à voir l’extension des mesures de contrôle et de coercition mises au service de la politique du rejet.

Il est possible de visionner/écouter cette réunion : 

Podcast « Sans retenue » - Épisode 7 Lutter contre la délocalisation des audiences

 
Photos CRA Rennes, ©Angeline Desdevises
 

Épisode 7 Lutter contre la délocalisation des audiences
 
Quentin et Odile, militant·es à La Cimade de Marseille évoquent leur action au sein du « Tourniquet ». Chaque semaine, des bénévoles se rendent au tribunal délocalisé accolé au centre de rétention administrative du Canet. Ils et elles y observent les audiences tenues par les magistrat·es judiciaires qui examinent la légalité de l’enfermement des personnes retenues. Leur constat ? Un local dégradé où se rend une justice dégradée. Cette dernière est expéditive et souvent inhumaine.
Cerise sur le gâteau, la cour d’appel se trouvant à Aix-en-Provence, les audiences en appel ont lieu par "visio", déshumanisant encore un peu plus ces procédures. La loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 est venue ériger la délocalisation des tribunaux et la vidéo audience comme principe – jusqu’alors elles restaient l’exception et la présence au tribunal demeurait la règle. Cette loi a également étendu la délocalisation et le recours à la "visio" aux juridictions administratives en matière de contentieux des personnes étrangères.
Les militant·es du Tourniquet ont choisi de dénoncer la délocalisation des audiences et plus largement la justice réservée aux personnes étrangères à travers une newsletter mensuelle. Quentin et Odile appellent les volontaires à venir assister à ces audiences, insistant sur l’importance du regard citoyen dans ces lieux trop opaques. 
 
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Prochaine réunion publique

 Prochaine réunion publique de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) 

Pacte européen sur la migration et l’asile :

Enfermement partout, droits nulle part

Lundi 9 février 2026
de 18h00 à 20h00
à la Cimade, 91 rue Oberkampf, 75011 Paris 

Le Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté au printemps 2024, se compose de dix textes législatifs (règlements et directive) concourant tous à un même objectif : réduire drastiquement l’accès à l’asile et expulser sans délai les personnes auxquelles il aura été refusé.

A quelques mois de son entrée en application, l’OEE vous propose un éclairage sur cet ensemble touffu et opaque, donnant à voir l’extension des mesures de contrôle et de coercition mises au service de cette politique du rejet.

Un décryptage d’autant plus nécessaire que les options répressives et le recours à l’enfermement qui irriguent tout le pacte sont délibérément masqués par une approche gestionnaire de la migration et un appel incantatoire au respect des droits fondamentaux contredit par l’objet même du Pacte.

La prochaine réunion publique de l’OEE offrira un décryptage en trois temps :

    • Introduction au Pacte : l’enfermement omniprésent (La Cimade)
    • Fichage : tracer pour mieux contrôler (Gisti)
    • A la frontière : le tri derrière les barreaux (Anafé)

Propos conclusifs.

Les interventions seront suivies d’un débat avec la salle. 

Inscription recommandée :

La réunion aura lieu en présentiel à la Cimade, 91 rue Oberkampf, 75011 Paris 

Pour y assister en visio et recevoir le lien du webinaire, merci de vous inscrire ici




Podcast « Sans retenue » - Épisode 6 L’accord entre le Royaume-Uni et la France : les dessous d’un marchandage migratoire


Photos CRA Rennes, ©Angeline Desdevises


Épisode 6 L’accord entre le Royaume-Uni et la France : les dessous d’un marchandage migratoire 
 
Épisode disponible en deux versions : une version mixte (anglais/français) et une version française.

Dans cet épisode, nous revenons sur l’accord conclu par la France et le Royaume-Uni au mois d’août 2025, sur le principe du « un pour un », permettant aux deux États d’échanger des personnes en migration : pour chaque personne renvoyée en France après avoir rejoint les côtes anglaises, une autre personne, sélectionnée en France, pourra entrer au Royaume-Uni. Maddie (Humans for Rights Network) et Marie (Refugee Women’s Centre) présentent la situation à cette frontière meurtrière où l’enfermement y tient une place centrale. Vent debout contre cet accord de la honte, plusieurs associations l’ont contesté devant le Conseil d’État. Une décision défavorable, postérieure à l’enregistrement de cet épisode, est malheureusement venue entériner cet accord.
 
Le podcast « Sans retenue » donne la parole à celles et ceux qui militent contre l’enfermement des personnes étrangères. Ces personnes retenues pour raison administrative n'ont commis aucun délit : simplement, elles ne possèdent pas les bons papiers.

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Décliné en série, ce podcast aborde tous les aspects de l’enfermement : la vie dans ces lieux, les audiences judiciaires, le rôle des associations, les luttes à l’intérieur et aux abords… Cette série a également une vocation pédagogique lorsque sont abordés des thèmes méconnus et plus complexes.

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Podcast « Sans retenue » - Épisode 5 : Intervenir dans les CRA : le combat continue !

  

Photos CRA Rennes, ©Angeline Desdevises

 

Épisode 5 - Intervenir dans les CRA : le combat continue !

 

Justine (responsable rétention à La Cimade) et Maïté (intervenante juridique au centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye) évoquent leur mission d’information et d'aide juridique auprès des personnes étrangères retenues dans les CRA ; mission qui s'exerce dans le cadre d'un marché public passé avec le ministère de l'intérieur. Au fil des ans, cette action est devenue de plus en plus difficile à exercer tant le cadre législatif est venu restreindre et complexifier l'accès aux droits des personnes étrangères retenues. Pourtant, La Cimade poursuit son intervention dans ces lieux tout en dénonçant les nombreuses violations des droits qui s'y produisent et tout en revendiquant la fermeture des CRA. Pour faire taire les associations : la proposition de loi visant à confier l’assistance juridique à l’OFII signerait la fin de la présence d’associations indépendantes dans les CRA. Mais que souhaite cacher le ministère de l'intérieur ? Enregistré le 16 septembre 2025.
 

Le podcast « Sans retenue » donne la parole à celles et ceux qui militent contre l’enfermement des personnes étrangères. Ces personnes retenues pour raison administrative n'ont commis aucun délit : simplement, elles ne possèdent pas les bons papiers.

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Décliné en série, ce podcast aborde tous les aspects de l’enfermement : la vie dans ces lieux, les audiences judiciaires, le rôle des associations, les luttes à l’intérieur et aux abords… Cette série a également une vocation pédagogique lorsque sont abordés des thèmes méconnus et plus complexes.

Ce podcast est enregistré au Studio Son de La Parole Errante


Communiqué de presse de l'OEE

Résister pour le respect des droits :  non à la systématisation de la visioconférence en CRA !

De renoncements en renoncements, le contentieux des étrangers demeure le laboratoire de la justice de demain : rendue par visioconférence, déshumanisée et éloignée des justiciables. Cette « justice-webcam », le tribunal judiciaire de Lyon s’apprête à la mettre en application puisqu’il est envisagé que l’ensemble des juges statuant en matière de rétention administrative tiennent leurs audiences par visioconférence.

Un tel renversement des principes prévus par les dispositions du CESEDA est manifestement illégal. L’article L743-7 prévoit en effet que l’audience doit être tenue par le tribunal dans la salle aménagée à proximité des CRA et ce « afin d'assurer une bonne administration de la justice et de permettre à la personne étrangère de présenter ses explications ».

L’Observatoire de l’Enfermement des Étrangers dénonce régulièrement le fait que les personnes étrangères ne puissent plus prétendre à ce que la régularité des mesures de rétention administrative soit jugée dans l’enceinte d’un tribunal. Ces personnes ont d’ores et déjà vu leurs audiences reléguées dans des pseudos-salles d’audience à proximité des CRA. Elles devraient aujourd’hui admettre que la visioconférence, qui devait être l’exception, devienne la norme et que l’autorité judiciaire ne se déplace plus.

La systématisation de la visioconférence porte atteinte à la qualité de la justice rendue. Comme le démontre le rapport publié par l’OEE en juin 2022 « En finir avec les audiences par "visio"», cette dernière empêche le juge de remplir son office, sans compter la barrière de la langue et la complexité de la procédure. Enfin, elle restreint les droits de la défense et le contradictoire, les avocat·es se trouvant le plus souvent dans les tribunaux et non aux côtés des personnes étrangères.

Alors que l’OEE milite pour la disparition pure et simple de la rétention administrative, nos associations exigent une justice humaine et accessible, dans un contexte où les « impossibilités de faire » opposés par l’administration pour justifier le recours systématique à la visioconférence se multiplient. Au-delà du contentieux imposé aux personnes étrangères, ce sont aussi l’instruction, la justice pénale des mineurs et post-sentencielle qui sont également visées.

L’observatoire de l’enfermement des étrangers rappelle qu’une justice décente a besoin de moyens pour fonctionner et que le respect des droits fondamentaux des personnes enfermées doit primer sur une politique d’enfermement et d’expulsion répressive et destructrice pour ces personnes.

Organisations membres de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers : ACAT-France, Anafé, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Cercle des voisins du CRA de Cornebarrieu, Comede, Droits d’urgence, Fasti, Gisti, La Cimade, Le Paria, Ligue des droits de l'Homme, MRAP, Observatoire Citoyen du CRA d’Oissel, Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau, Observatoire international des prisons (section française), Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM).