Réunion publique du 4 juin 2018


Délocalisation des audiences  & visio-conférence :
une justice dégradée pour les étrangers

Lundi 4 juin 2018 à 19h
A la Ligue des droits de l'homme
138 rue Marcadet, 75018 Paris
métro Lamarck-Caulaincourt (ligne 12)

Quatre ans après l’ouverture de la salle d’audience délocalisée du tribunal de grande instance (TGI) de Meaux à la porte du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, la délocalisation de la salle d’audience du TGI de Bobigny dans l’enceinte de la zone d’attente de Roissy a finalement été mise en œuvre en 2017 avec l’ouverture officielle de l’annexe le 26 octobre dernier.

L’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) s’est opposé à ces projets depuis le début. L’expérience confirme que les atteintes au droit à un procès équitable, en particulier aux droits de la défense, ainsi qu’aux principes de publicité des débats et d’indépendance de la justice, font de la délocalisation une « justice d’exception ».

Parallèlement, la visio-conférence est un outil qui tend à se répandre dans les audiences : d’abord à la CNDA (Cour nationale du droit d’asile), ou pour les entretiens OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) à la frontière et pour les audiences du tribunal administratif de Mayotte, pour les personnes enfermées en rétention, placées en zone d’attente ou détenues. Les tribunaux administratifs de Melun et de Montreuil, entendent étendre cette pratique au contentieux du CRA du Mesnil-Amelot.

S’inscrivant dans cette tendance, le projet de loi « asile, immigration » prévoit de généraliser ce dispositif à toutes les audiences administratives et judiciaires pour les personnes en rétention et en zone d’attente.

L’OEE propose une rencontre pour cerner les conséquences de ces dispositifs et souligner les différentes formes d’affaiblissement des droits au moyen de cette justice dégradée.


Intervenants : Anafé, La Cimade, ADDE, Syndicat de la magistrature, Barbed Wire Britain (Royaume-Uni), Défenseur des droits (sous réserve)
Modération : Gisti

Réunion publique du 16 avril 2018

Réunion publique d’information sur le projet de loi Collomb « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif »

 
Lundi 16 avril 2018 à 18h30 à la Bourse du travail à Paris

Alors que s’ouvrent au Parlement les débats sur le projet de loi Collomb « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », l'Observatoire de l'enfermement des étrangers (OEE) organise une réunion publique d’information pour aborder :

  • les changements apportés par ce texte à la réglementation actuelle

  • les effets qu’aura cette loi sur la situation des migrant⋅e⋅s, demandeurs d’asile et personnes étrangères en général
Lundi 16 avril 2018
de 18h30 à 20h30

A la Bourse du travail, salle Eugène-Henaff,
29 bd du Temple, Paris 75003
métro République

 

PREMIÈRE PARTIE
Introduction
à écouter ici : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article55607
1. Asile
à écouter ici : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article55651
2. Enfermement et éloignement
3. Contrôle et surveillance
4. Séjour

à écouter ici : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article55617
Conclusion (Tout ce qui ne figure pas dans ce projet de loi...)

SECONDE PARTIE
Temps de questions/réponses
Échanges avec la salle


à écouter en totalité ici : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article55655

Réunion publique du 5/02



Les projets du gouvernement : contrôler et enfermer plus les personnes étrangères au mépris des droits
 
Une nouvelle réforme de la loi sur l'immigration et l'asile est annoncée par le gouvernement, qui en a diffusé les grandes lignes au début de l'année. En écho aux récentes circulaires du ministère de l'intérieur qui veulent transformer les centres d'hébergement en lieux de contrôle et de « traçage », ce qu'on connaît des projets en cours laisse entrevoir un durcissement sans précédent en matière de surveillance, de mesures coercitives et d’enfermement des personnes étrangères.

Pour sa première réunion publique de l’année, l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) propose de décrypter, avec les associations les plus impliquées, les mesures phares du gouvernement. Ces mesures, dont certaines sont présentées comme une « simple » légalisation des pratiques déjà en vigueur, sont porteuses de graves atteintes aux droits fondamentaux des personnes étrangères.

Cette réunion sera aussi l’occasion d'échanger sur les mobilisations qui se mettent en place pour lutter contre le durcissement des politiques et des pratiques.

Programme indicatif :
- Présentation et décryptage des mesures gouvernementales
- Retour sur quelques unes des mesures déjà expérimentées
- Comment se mobiliser ?

Nous invitons les participant-e-s à partager leur expérience et les mobilisations auxquelles ils/elles participent lors de la réunion publique. 

Cette réunion publique aura lieu lundi 5 février 2018, à 19h00 dans les locaux de la Ligue des droits de l'homme, 138 rue Marcadet, 75018 Paris (Métro Lamarck-Caulaincourt - ligne 12). Entrée libre.

Communiqué de l'OEE

Circulaire Collomb : l’accueil des personnes étrangères asservi à la logique d’expulsion 

Une circulaire du ministre de l’intérieur Gérard Collomb fixant « les objectifs et les priorités en matière de lutte contre l’immigration irrégulière » en date du 20 novembre 2017 vient renforcer l’arsenal des mesures qui pèsent sur les personnes migrantes en France. Elle rétablit de fait la politique du chiffre en matière d’expulsions et organise la surveillance et le contrôle des migrants dès le début de leur parcours en France.

Avant même la discussion parlementaire, ce texte donne le ton de la future loi, annoncée pour début 2018, préfigurant un nouveau renforcement de la politique d’éloignement. Au détriment de l’accueil et des droits des personnes étrangères, une seule logique : l’expulsion. 

L’une des orientations majeures impulsées par circulaire tient au lien assumé qu’elle établit entre hébergement et surveillance. Impossible de s’y tromper : les innombrables formules de l’accueil – des CHUM en passant par les CAO ou autres CAES – qui sont déjà déployées sur l’ensemble du territoire vise à répertorier les personnes, les trier, les contrôler pour, finalement, expulser la plupart. S’y ajoutent la pression sur les pays d’origine pour une « bonne coopération », la multiplication des vols spéciaux privés pour le renvoi des familles ou les renvois groupés de type « charter ». 

Le développement des lieux d’enfermement indignes, où les droits des personnes enfermées ne sont pas garantis, n’est pas en reste : les locaux de rétention administrative pourront désormais être une cellule de garde-à-vue ou même une chambre d’hôtel surveillée. Enjoignant aux préfets d’augmenter le nombre d’expulsions, le ministre de l’intérieur rétablit de facto la politique du chiffre menée de 2003 à 2012. Il les incite par ailleurs à recourir à des pratiques abusives et illégales comme le prononcé d’interdictions de retour sur le territoire français pour des personnes ayant demandé un retour volontaire, ou la systématisation de mesures d’éloignement à l’encontre des personnes interpellées sans qu’il ait été procédé à un examen individuel de leur situation. 

Alors que le nombre de placements en rétention et d’assignations à résidence ne cesse d’augmenter et que les dispositifs d’expulsion « hors les murs » se multiplient, l’Observatoire de l’enfermement des étrangers, qui s’inquiète de la porosité croissante entre accueil et détention, dénonce cette politique qui, sous couvert d’accueil, organise la surveillance des personnes étrangères, les violations massives de leurs droits et, finalement, leur rejet.