Grèves de la faim en CRA : lettre ouverte aux parlementaires

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Vous avez voté l’année dernière la loi « Asile et Immigration » (loi du 10 septembre 2018). Ce texte allonge en particulier la durée maximale d’enfermement en rétention administrative de 45 à 90 jours.
La politique d’enfermement dans les centres de rétention était déjà désastreuse (cf.le Rapport 2017 sur les centres et locaux de rétention administrative), les personnes retenues subissant toutes sortes de violences institutionnelles les poussant à des actes désespérés (automutilation, tentatives de suicide). Le doublement de la durée maximale de la rétention s’ajoute désormais aux pressions déjà subies, d’autant que, en réponse aux instructions du Ministre de l’Intérieur, le recours à l’enfermement en CRA par les préfectures s’est fortement accru.
Depuis début janvier, au moment où cet allongement de la durée de rétention est entré en vigueur, des personnes enfermées ont engagé une mobilisation pour dénoncer leurs conditions de vie, à travers des grèves de la faim observées notamment dans les CRA de Vincennes, du Mesnil-Amelot et d’Oissel.
Selon les communiqués des personnes enfermées, des grévistes de la faim subiraient des pressions policières, voire seraient exposés à des actes graves.
Depuis de longues années, les organisations rassemblées dans l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) réclament la possibilité de pouvoir pénétrer dans les CRA, comme dans les zones d’attentes et autres lieux de privation de liberté des personnes étrangères, pour y exercer un « droit de regard citoyen » (voir ci-dessous le communiqué de l’OEE du 3 février 2011). A ce jour, elles n’ont pas été entendues. Ainsi, nous, associations de défense des droits, du fait du fonctionnement extrêmement opaque de ces lieux d’enfermement, ne pouvons obtenir des informations précises sur ces événements.
Mesdames et Messieurs les Parlementaires, créer le droit crée des responsabilités et des obligations. Vous avez le droit de visiter à tout moment tous les lieux d’enfermement (article 719 du code de procédure pénale). Nous vous demandons donc de l’exercer pour permettre un contrôle citoyen et ainsi contribuer à briser l’opacité de ces structures, inadmissible dans un Etat de droit.

Organisations membres de l'Observatoire de l'enfermement des étrangers :
ANAFE
Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT)
Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE)
COMEDE
Droits d'urgence
FASTI
Genepi
GISTI
La Cimade
Ligue des droits de l'homme
MRAP
Observatoire citoyen du CRA de Palaiseau
Revue Pratiques
Syndicat de la magistrature (SM)
Syndicat de la médecine générale (SMG)
Syndicat des avocats de France (SAF)

Pour aller plus loin : Communiqué de presse de l’OEE du 3 février 2011

Publication des Actes du colloque de Rennes - 25 novembre 2017



A l’initiative de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers, en partenariat avec la LDH Bretagne, le MRAP et le festival Migrant’scène de La Cimade, un colloque s'est tenu le 25 novembre 2017 à Rennes sur le thème :

Les nouvelles formes de contrôle des personnes étrangères : de l’accueil à l’enfermement - Rétention, zones d’attente, assignation, hébergement spécialisé  (CAO, CHUM, centre de premier accueil, centres de retour)

Ce colloque avait pour objet de dresser un panorama des nouvelles formes de contrôle, des restrictions et de privation de liberté des personnes étrangères, de cerner leurs liens,  leurs porosités, leurs logiques, et de prendre la mesure des nouvelles formes de solidarité qui se manifestent autour des lieux d'enfermement. Cette journée a aussi été l'occasion d’échanges sur les expériences de terrain des organisations et personnes que ces questions mobilisent, en particulier en Bretagne.

Les Actes de ce colloque sont téléchargeables à partir de cette page.

Réunion publique du 3 décembre 2018



Loi asile-immigration : contrôler, enfermer, expulser

Lundi 3 décembre 2018 à 19h  
Dans les locaux de la Ligue des droits de l'homme
138 rue Marcadet, 75018 Paris
Métro Lamarck-Caulaincourt (ligne 12)

La loi asile et immigration publiée le 10 septembre 2018, dite loi Collomb, traduit un développement sans précédent des dispositifs de contrôle et d’enfermement des personnes étrangères en vue de les expulser, en même temps que des restrictions fortes à leur accès à la justice. Cette loi vient amplifier une politique migratoire entièrement axée sur l’expulsion des personnes en lieu et place du respect de leurs droits fondamentaux : allongement du délai de rétention administrative et maintien de la rétention des enfants, multiplication des dispositifs de contrôle hors les murs, renforcement des mesures de bannissement, systématisation des recours à la visio-conférence au détriment du procès équitable, renforcement des mécanismes de criminalisation des étranger·e·s, nombreux sont les exemples témoignant d’une réforme dangereuse et liberticide.

Dans ce contexte décomplexé de violence institutionnelle, l’Observatoire de l’enfermement des étrangers propose une rencontre avec des acteurs associatifs et des avocat·e·s afin de décrypter cette « nième » loi et de mieux cerner ses enjeux pour les personnes étrangères et leurs accompagnant·e·s. 

Cette rencontre se déroulera autour de quatre interventions :

·         Extension des mesures d’éloignements (avocat·e à déterminer)

·         Restriction de l’accès à la justice (Camille Gendrot, Anafé)

à écouter ici : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article55981

·         Renforcement des régimes de contrôle et d’enfermement (David Rohi, La Cimade)

·         Pénalisation accrue des personnes étrangères (Raphaël Kempf, ADDE)

à écouter ici : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?

A noter qu’en marge de cette rencontre, le Genepi, membre de l’OEE, prendra la parole concernant la décision de l’administration pénitentiaire, confirmée par le ministère de la Justice, de mettre un terme à la convention qui les unit depuis plus de 40 ans.  

L’OEE réitère son soutien au Genepi dans cette lutte !